La forêt et son potentiel pour la santé

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Retour sur le 3ème congrès international sur la Forêt et son potentiel pour la santé 

Du 7 au 10 octobre 2019 se tenait à Gérone (Espagne) le 3ème congrès international sur la forêt et son potentiel pour la santé. Il a réuni une centaine de personnes venant de 17 pays, représentants des organisations :

  • locales
  • régionales
  • nationales
  • internationales
  • du secteurs publics et privés.

Pour officialiser l’ouverture de ce congrès, Albert Bosch, aventurier et entrepreneur international, est intervenu en expliquant, avec humour et sensibilité, sa relation avec la nature lors de ses expéditions. Pour animer son intervention et nous préparer aux prochaines journées, il l’a ponctuée avec des mini défis.

Je regarde la vidéo de présentation du Jour 1 

  • Jaume hidalgo i Colomé : président de l’association Sèlvans qui organisait le congrès cette année
  • Lluîsa Mas i Mayor  : responsable régional de la santé publique à Gérone
  • Anna Bernadas i Lopez : député pour l’environnement dans la province de Gérone

nous ont présenté les projets mis en place dans la région dans leurs contextes politiques, économiques et écologiques.

Nous avons d’ailleurs eu l’occasion, le lendemain par petits groupes de 10 personnes, de découvrir un projet de sentiers labellisés thérapeutiques.

 

Après cette marche, nous avons retrouvé les autres groupes. Au milieu de la forêt, place à un déjeuner, dans un restaurant respectueux de la nature. En fin de journée, un atelier de discussion collective nous a permis de nous questionner sur l’intérêt des “Bains de forêt”, notre relation avec elle et notre rôle en tant que guide.

Les deux jours suivants les interventions ont été organisées en 4 modules :

1er moduleactualités scientifiques au niveau international.

  • Le docteur Karin Kraft (présidente de la société scientifique de phytothérapie) a présenté un programme de recherche définissant les critères nécessaires pour que les forêts soient utilisées à des fins de soins en cas de maladies chroniques.
  • Puis, Gisela Immich (Université de Munich), a évoqué l’influence climatique de la forêt (facteur sous-estimé) dans le processus thérapeutique notamment dans l’augmentation de la réaction immunitaire et de la récupération physique.
  • Dr Domungo Sancho-Knapik (Université de Zaragoza), a apporté une partie de la réponse en expliquant que la concentration de terpène dans l’atmosphère des forêts de pins dépendait des conditions climatiques.
  • C’est le chercheur Albert Bach (Université de Barcelone) qui a fait le lien scientifique entre la quantité de terpène présente dans l’air et l’état de santé des personnes. Lors de son étude, il a réalisé différents prélèvements d’indicateurs de la santé des sujets mais aussi du type de composés organiques volatils présents dans l’air lors de l’immersion en forêt.
  • Pour le continent asiatique, le Dr Hiroko Ochiai (INFOM Japon) a fait le point sur l’ensemble des études scientifiques depuis les années 80 ainsi que leurs retombées sur le territoire avec la création de sentiers labellisés thérapeutiques et de centres médicaux accueillant 1200 personnes/an.

2ème module : comment favoriser la reconnexion avec la nature.

  • Carles Cadtell i Puig (coordinateur de EUROPARC), nous a présenté la fédération EUROPARC comme une initiative découlant du programme “Healthy Park, Healthy People” porté par l’IUCN.
  • Puis, Dr Karin Lehmann a exposé son projet de forêt curative en Allemagne accueillant, à travers un programme médical, les enfants malades. Un même projet a été expérimenté par Albert Serra en Catalogne, avec les personnes âgées.
  • Le Dr Frederic Cofan Pujol a rappelé l’importance du développement de tels projets et a soutenu le besoin de prescrire la forêt-thérapie en Europe. Finalement, une table ronde avec les maires de communes rurales nous a permis de comprendre l’intérêt des sentiers forestiers thérapeutiques dans le développement rural des communes.

3ème module  : les possibles applications en matière de santé et bien-être de la forêt.

  • Le Dr Won Sop Shin, a évoqué l’importance de l’implication des agents forestiers coréens dans le développement de programmes thérapeutiques en légalisant le concept et en aidant à la construction de centres médicaux. En Europe, comme l’explique Igor Viszlai, le “Forest Europe Expert Group” permet de regrouper des experts pour étudier l’impact de ce service sur la gestion des forêts. En effet, en plus du service de santé, ces pratiques peuvent avoir des débouchées en terme d’écotourismes comme l’explique Silvia GIli i Olmeda (Consultante en conservation du patrimoine naturel de l’association Sèlvans).
  • Un représentant de lIUCN World Heritage, a ajouté que les forêts doivent être protégées et répertoriées aussi pour leurs services culturels et spirituels.

Les 3 dernières présentations du module l’ont confirmé :

  • Eugène Bamouni (Burkina Fasco) aide les personnes en milieu rural à réapprendre à cultiver durablement en voyant la forêt non comme une perte de terrains exploitables , mais une aide pour le développement de leur culture et une ressource médicale et spirituelle ;
  • Moisés Hernandez (Honduras), lui se bat pour la préservation de sa forêt de 450 hectares en laissant une partie accessible aux humains comme lieu de recueillement (gîte, lieu de prière..).
  • Un peu plus au nord, Amos Clifford, milite à travers son organisation ANFT (Association Nature et Forêt Thérapie) pour l’importance de la forêt-thérapie dans le changement de vision sur la protection de la nature dans le cadre des changements climatiques.

4ème module : la valeur des forêts comme ressources pour le bien-être humain

  • Gisela Virginia Campos Angeles nous fit découvrir l’arbre Ahuehuete protégé au Mexique pour sa symbolique culturelle. En effet, cet arbre peut vivre jusqu’à 1000 ans du fait de sa grande capacité à s’adapter aux changements environnementaux et donc perçu comme transmetteur du savoir ancestral.

    Ciprès de Montézima ou arbre Ahuehuete
  • Heike Freire, nous a ensuite expliqué que notre lien avec la nature et la forêt est inné comme le témoignent les enfants. En effet, quand les enfants jouent avec les arbres, cela dépasse le développement de leurs habiletés motrices, ils les voient aussi comme une espèce vivante, habitée par une biodiversité qui attire leurs attentions, éveille leurs émotions et ainsi leur mémoire archaïque.

Après cette dernière conférence, nous rappelant que notre naturelle relation avec la nature, que nous devons réapprendre à l’apprivoiser.

La prochaine édition se tiendra l’année prochaine au Portugal !

Pour en savoir plus :

Assicicio Selvans

Marie Larcher-Essamet, KEA écothérapie

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