Enfants confinés à l’hôpital toute l’année

Confiné-e-s un mois, pensons aux enfants confinés à l'hôpital toute l'année

Forêts aux couleurs rougeoyantes, odeur des champignons et de l’humus, feuilles mortes bruissantes sous les pieds, montagnes aux sommets enneigés, discussions des oiseaux qui parviennent à nos oreilles plus nettement, océan agité se fondant dans l’infini du ciel, jardins se préparant à l’hiver entre les dernières récoltes et les mandarines qui mûrissent, pieds-nus sur le sable humide, mains dans la terre, terre sur les bottes, bottes répandant sur les chemins les graines qui germeront en 2021.

Jamais un automne n’a suscité autant d’engouement à être vécu avec tous ses sens, jamais un si grand nombre d’humains n’a bravé les interdits, drones, hélicoptères et bateaux des forces de l’ordre pour s’immerger dans la nature. Les dispositifs déployés sont nombreux mais ne suffisent pas à freiner cet engouement. Les gens bien portants le sentent au plus profond de leur être puisqu’ils en sont privés : ça fait du bien de sentir les rayons du soleil d’automne caresser la peau, de s’enivrer des parfums naturels, de se laisser bercer par le bruit incessant et rassurant des vagues et se concentrer sur celui des bourdons, de toucher la terre, de s’évader dans l’observation de la multitude de formes et de couleurs que nous offrent un environnement naturel. Apaisement. Parenthèse. Détente. Émerveillement.

Mais qu’en est-il des personnes vivant toute l’année en établissement médico-social ? De leur accès à un jardin riche et varié, à défaut de courir la campagne ? Qu’en est-il des enfants hospitalisés et de leurs petits bonheurs à trifouiller le sol où qu’ils soient pour y trouver des vers de terre, à fabriquer tout un monde avec glands, brindilles et bouts de bois et s’y plonger avec bien plus de plaisir et de sens que sur une console de jeu?

Le confinement, et le reconfinement aujourd’hui ont l’avantage de rendre accessible et compréhensible par tous cette évidence : nous avons un besoin inné de nature car la nature nous fait du bien. De nombreuses études scientifiques, sociologiques, cliniques attestent des bienfaits de la fréquentation de la nature. Elles mettent en évidence un système immunitaire renforcé, une plus grande ouverture aux autres, une meilleure qualité de sommeil, la baisse des douleurs physiques et psychiques, la diminution du stress, etc…

Collecte en ligne en faveur des jardins thérapeutiques pour enfants et jeunes patients

Lorsque nous serons « déconfinés », nous pourrons à nouveau nous rendre en toute liberté, sans risquer une amende, dans tous ces lieux naturels. La plupart des enfants hospitalisés, non. Pourtant leur besoin de nature est bien plus important que le nôtre, l’accès à un jardin contribuant à leur guérison, du moins à leur mieux être à l’hôpital comme à vivre leur maladie.

Aussi Paule Lebay de Plus de Vert Less Béton l’Asso, a lancé une collecte pour venir en soutien à des porteurs de projets (hôpitaux, services de pédiatrie, associations mère/enfant…) de jardins thérapeutiques ou d’ateliers d’hortithérapie auprès d’enfants et de jeunes nécessitant des soins ou un suivi en santé.

Son objectif est de recueillir les fonds nécessaires afin d’offrir aux lauréats :

  • une formation d’équipe à l’hortithérapie
  • du matériel pour la mise en route rapide d’une activité en hortithérapie (bac, plantes, semences…)
  • un accompagnement dans leur projet (conseils d’experts)
  • les moyens de pérenniser l’activité la première année grâce à une aide financière pour l’animation des ateliers auprès des patients.

Plus que jamais nos petits patients ont besoin d’être au contact de la Nature. Aidons les professionnels dans cette démarche de soins au contact du vivant. Participons à la collecte !

Confinement : La nature nous fait du bien…même en photos

En période de confinement : La nature nous fait du bien…même en photos

Pendant le confinement, notre accès à la forêt, au parc ou au jardin est limité, voire interdit. Mais savez-vous qu’une vue sur la nature et même des photos de nature réduisent l’anxiété et le stress ?

Si vos amis vous invitent à partager des images de la mer ou de la nature sur les réseaux sociaux en ce moment, c’est une excellente idée ! Partagez et profitez pleinement de ces photos. Voici pourquoi elles vous aident à mieux supporter les conditions de vie actuelles.

La nature nous fait du bien

Depuis les années 1980, des centaines d’études ont montré que vivre dans un quartier bien fourni en espaces verts, fréquenter la nature, s’émerveiller devant sa beauté, marcher tous nos sens en alerte dans la forêt sont essentiels à notre bonne santé physique et mentale. On a constaté ces bienfaits de la nature aussi bien chez des personnes malades que chez les personnes bien portantes.

Quelques exemples parmi bien d’autres. Dans une étude portant sur 250 000 citadins, des chercheurs hollandais ont montré que ceux qui vivaient dans un rayon de trois kilomètres d’espaces verts se sentaient en meilleure santé (Maas et al. 2006). Au Danemark, une étude sur près d’un million de personnes a établi que la présence d’espaces verts autour de chez soi pendant l’enfance diminuait significativement le risque de troubles mentaux à l’adolescence et à l’âge adulte (Engemann, 2019).

En Angleterre, une étude actuellement en cours a déjà montré que passer deux heures par semaine dans la nature est bon pour la santé et le bien-être pour tous les participants à l’étude, « vieux comme jeunes adultes, hommes et femmes, urbains et campagnards, pauvres comme riches, et même chez ceux atteints d’une maladie à long terme ou d’un handicap. » (White, 2019). Une idée à garder en tête pour après le confinement…

Et on ne vous parle même pas de toutes les études de Qing Li et Miyazaki Yoshifumi au Japon qui ont démontré depuis 20 ans que les bains de forêt ont le pouvoir de renforcer le système immunitaire, de diminuer l’anxiété, la dépression et la colère, de favoriser le sommeil et de réduire le stress en favorisant un état de détente.

La vue de la nature apporte des bienfaits

D’accord, mais en ce moment, nous ne pouvons pas facilement aller nous promener dans les bois ou dans un parc ! Qu’à cela ne tienne, d’autres chercheurs se sont intéressés à la vue de la nature par la fenêtre. Et là aussi, les effets sur notre santé mentale et physique sont étonnants…

Dans une étude pionnière, Ulrich (1984) a montré que des patients ayant subi la même opération chirurgicale avaient une convalescence plus rapide quand ils avaient une vue sur des arbres par leur fenêtre de chambre d’hôpital que lorsqu’ils avaient une vue sur un mur en béton. Il a pu mesurer que les patients avec une vue sur des arbres restaient moins longtemps à l’hôpital, prenaient moins de médicaments contre la douleur, développaient moins de complications et étaient de meilleure humeur. Son étude et d’autres ont poussé depuis plusieurs années des hôpitaux à construire des chambres avec vue sur des jardins. Même chose pour des salles d’attente dans des établissements de santé.

En 1993, Rachel et Stephen Kaplan, deux psychologues environnementaux américains, ont interrogé 1 200 employés de bureau : ceux qui avaient une vue sur des arbres, des buissons ou de grandes pelouses éprouvaient moins de frustration et plus de motivation au travail que ceux qui ne bénéficiaient pas de cette vue. Intuitif peut-être, mais maintenant on en a fait la preuve scientifique.

Les étudiants aussi sont sensibles à une vue de la nature depuis leur chambre. Pour éviter de s’épuiser et conserver la concentration nécessaire pour étudier, ils ont besoin de se ressourcer. Une étude a démontré que les étudiants dont la chambre avait vue sur la nature avaient de meilleures capacités d’attention que les autres (Tennessen et al., 1995). Heureux les confinés qui ont une vue de la nature.

Voici le plafond d’une salle de réveil dans un hôpital de San Francisco. Cette scène de nature «basée sur les résultats de la recherche» est destinée à apaiser les patients qui se réveillent après une opération.

Dans un centre de radiothérapie australien, on propose aussi des photos au plafond des salles de traitement, notamment des photos de nature (le ciel et les arbres de jour ou de nuit), afin de créer un environnement apaisant et positif (Bonett, 1995).

Des photos de nature, ça marche aussi

Nos maisons et appartements n’offrent peut-être pas de ce genre de vue. Et bien la recherche apporte encore des bonnes nouvelles à ceux qui n’ont pas de vue sur la nature. Regarder des photos de nature réduit le stress !

Roger Ulrich, encore lui, a fait une expérience très parlante en 1991. Il a soumis des sujets à un stress, puis il leur a montré deux types d’images : des images de nature ou des images d’un centre commercial et de circulation. D’après vous, qui se remet mieux du stress et voit sa pression artérielle baisser plus vite ? Les sujets qui regardent les images de nature bien sûr.

Dans une étude conduite en 2010, Nanda et ses collaborateurs ont affiché des images sur le salon d’une unité psychiatrique. Ils ont comparé des murs sans aucun art, de l’art abstrait, des tableaux abstraits de la nature et des photos réalistes de la nature.  Seules les photos réalistes de la nature avaient la capacité de réduire les comportements agressifs des patients (et d’économiser plus de 25 000 dollars en anxiolytiques sur une année).

C’est en nous basant sur les nombreuses études conduites aux quatre coins du monde depuis 40 ans que nous, la Fédération Française Jardins Nature et Santé affirmons que la nature, une vue de la nature et des photos de la nature sont en mesure de réduire le stress et l’anxiété pendant cette période de confinement. Une solution qui est à la portée de tout le monde.

Le besoin de nature au-delà du confinement

L’accès à la nature est devenu en ce tournant du troisième millénaire un immense enjeu de santé publique. Il est temps d’inscrire le besoin de nature dans une logique de santé publique soutenue, en premier lieu, par le ministère de la Santé mais également par les ministères de la Jeunesse et des Sports, de l’Education nationale, de l’Agriculture et de l’Ecologie.