Grappillages au jardin

Grappillages au jardin

Mini-concombres, tomates petit moineau, coquerets du Pérou, baies d’amélanchier, pimprenelle, fraise blanche des Alpes, mertensia, piment doux, roquette sauvage, hémérocalles, menthe de Yakima… Des variétés faciles à implanter au jardin thérapeutique pour une dégustation sur place tout au long de l’année !

C’est le printemps !
L’eau à la bouche, nous semons tomates et piments, courges et melons, que les seuls noms de variétés que nous notons sur un bâtonnet de bambou suffisent à nous projeter un jour de plein été, remplissant avec bonheur le panier de récoltes multicolores. Les tomates seront coupées en tranche dans un saladier et parsemées d’herbes fraiches, les piments seront farcis, les melons coupés en quatre, au moins autant que nous aujourd’hui à les faire pousser. Pourtant, aux Jardins de l’humanité, on aime à partager les récoltes tout de suite, trop impatients pour envisager de passer en cuisine ou même sous l’eau courante avant de les déguster ! Et désireux surtout d’offrir à goûter sur place. Aussi nous vous proposons ce mois-ci des variétés et astuces pour grappiller feuilles, fruits, fleurs et légumes de saison directement au jardin, sans préparatifs ni attente.

Les feuilles :

Dès la fin de l’hiver le grappillage commence par les feuilles.

Feuilles de pimprenelle au goût trompeur de concombre, feuilles de mertensia maritima à la délicieuse saveur d’huître,
feuilles piquantes de roquette, feuilles de moutarde chinoise semées à l’automne, jeunes tiges de ciboule chinoise, ail des ours, jeunes feuilles de plantain cerf, feuilles de raifort, feuilles de menthe de Yakima extrêmement mentholées et désaltérantes, oseille large de Belleville (variété ancienne et vivace très productive, même en hiver), toutes permettent de découvrir des saveurs intéressantes.

Le fenouil commun, plante sensorielle par excellence, présente un feuillage au toucher doux et attrayant et à la saveur d’anis, et en fin d’été des graines tout aussi excellentes. Très facile à cultiver, cette plante présente de surcroît une forme esthétique structurante. En raison de son effet allélopathique (a tendance à inhiber la croissance des végétaux qui l’entourent), elle sera plutôt installée en périphérie du jardin. C’est une vivace qui ne demande aucun soin particulier malgré toutes ses qualités sensorielles et ornementales.
Hormis le fenouil qui peut pousser jusqu’à deux mètres, ces plantes seront placées de préférence en hauteur et entourées d’un paillage de bois raméal fragmenté (le fameux BRF) afin d’éviter le contact des feuilles avec la terre.

La mertensia, plante poussant naturellement sur les dunes, nécessite quelques notions de culture particulières.

Toutes les autres sont très faciles à cultiver et se propagent naturellement pour nous régaler d’une année sur l’autre.

Mertensia Maritima
Copyright E. Alquier

Les légumes :

Dans la famille des légumes, le concombre à confire (melothria scrabra) est notre chouchou. Il s’agit d’un petit légume originaire de l’Amérique centrale ovale et délicieux au goût frais de concombre. Il pousse facilement et abondamment, suspendu le long de fines tiges dont les multiples vrilles sont du plus bel effet. De la famille des cucurbitacées, cette plante annuelle n’a pas de prédateurs, si ce n’est les personnes qui fréquentent le jardin ! Le concombre à confire, ne touchant pas le sol, peut être grappiller sur place dès fin juillet et produit jusqu’en octobre. Pour prolonger le plaisir, (et s’il en reste!) il est possible de les conserver au vinaigre comme pour les cornichons. Un tipi réalisé à partir de quatre tuteurs en bambou permettra au melothria scrabra de s’épanouir pleinement, tout en permettant aux gourmands de ne pas se baisser pour le cueillir et de donner au jardin un air amérindien.

Le physalis, ou coquerêt du Pérou, offre une multitude de petits fruits oranges de la taille d’une grosse bille de juin aux premières gelées, voire plus s’il est protégé par un double voile d’hivernage. Plante vivace, elle se sème plutôt entre février et avril à partir des petites graines du fruit pour obtenir une production dès la première année. Très riche en vitamine C, les physalis font le bonheur des grappilleurs à toute heure au jardin thérapeutique. L’enveloppe en forme de clochette qui enferme le fruit offre une belle structure végétale, devenant telle de la dentelle quand l’hiver arrive. Le tuteurage en tipi est également bienvenu. Il conviendra de prévoir au physalis une place d’un mètre carré minimum et de ne pas le tailler durant la saison.

La tomate « Petit moineau » est, d’après les nombreuses personnes qui l’ont dégustée, celle qui a le « meilleur goût de tomate au monde » ! C’est devenu notre favorite et nous l’implantons dans tous les jardins thérapeutiques que nous réalisons et aux quatre coins des Jardins de l’humanité. Outre son goût exceptionnel, cette variété découverte au Québec en 1940 présente une bonne résistance aux maladies, peut être cultivée en pot, et offre d’innombrables petits fruits jusqu’en octobre.

Les piments doux sont aussi une excellente manière de croquer dans le soleil. Le piment doux des Landes a obtenu notre faveur du fait de notre situation géographique, mais le poivron doux d’Antibes et le Petit marseillais, aux couleurs chatoyantes, occupent une bonne place dans les Jardins. Des piments à la force « acceptable » sur l’échelle de Scoville peuvent également être installés : « Padron », à partir duquel sont réalisés les fameux tapas espagnols, et pour les plus téméraires le piment d’Espelette.

Les fleurs :

Les fleurs ne sont pas en reste dans l’éventail des plantes à déguster sur place. Dès le printemps, violettes et primevères marquent le début des beaux jours tout en offrant des saveurs agréables.

La capucine, un grand classique des fleurs à manger, prend le relais en été, avec les pétales d’hémérocalles. Cette belle fleur asiatique surnommée « lys d’un jour » ne fleurit qu’une seule journée, on n’aura donc aucun scrupule à la croquer.

Les fleurs de bourraches, bleues ou plus rarement blanches, offrent une grande partie de l’année une saveur iodée proche de celle des fruits de mer. A moins d’en avoir des quantités industrielles, on laissera cependant les fleurs de courges devenir fruits, même si elles sont très appétissantes…

Les petits fruits :

Dans les petits fruits qu’on aime à dérober au jardin les fraises et framboises occupent une place de choix. De culture facile, ces deux fruits peuvent être cultivés facilement au jardin thérapeutique. La variété ancienne « fraise des Alpes » à l’avantage d’être présente une grande partie de l’année et de s’installer très facilement, voire trop facilement ! Nul besoin de les partager avec les oiseaux car ils ne les discernent pas ses petits fruits blancs. La production est abondante et continue, et leur goût tout simplement merveilleux !

L’amélanchier, bel arbre pouvant être maintenu en arbuste offre une floraison très odorante et surtout des petits fruits semblables à des cassis au goût inimitable et délicieux.

Le camerisier (lonicera caerulea), quant à lui, à l’avantage de rester buissonnant et présente en mai des petits fruits à la saveur de bonbon à la myrtille (ou à la framboise?) riches en vitamines A, C et en antioxydants. Il préfère les sols légèrement humides et ne supporte pas les fortes chaleurs de l’été.

Quant aux mûres, nous favorisons l’implantation d’une variété, certes récentes, mais inerme, ce qui permet une cueillette sans danger : « jumbo ». Les fruits sont énormes, tout comme la production, mais plus acides que la variété sauvage. La masse végétale est également très importante dès la deuxième année, il conviendra donc de le placer en périphérie du jardin.

En septembre, les fruits riches en vitamine C de l’aronie, arbuste originaire de l’hémisphère Nord, propose une saveur peu ordinaire. Les baies violettes pourront être placées au congélateur telles quelles avec mûres, framboises, groseilles et cassis de l’année pour la réalisation hivernale de smoothies gorgés de vitamines, à déguster en attendant la saison suivante…

Et vous ? Quels sont vos grappillages préférés ? Vos propositions et partages d’expériences sont les bienvenus !

grappillages aux jardins
copyright E. Alquier

Estelle Alquier, Les Jardins de l’Humanité

Atelier de printemps : semis


Le printemps s’invite dans nos jardins:
Tous à vos outils !

Alors que l’hiver résistait il y a encore quelques semaines dans nos campagnes, voilà que le printemps s’invite dans nos jardins. On le ressent, on le voit, on l’écoute et surtout on l’apprécie. Quoi de mieux que les premiers rayons du soleil caressant nos joues et obligeant nos paupières à se refermer sur nos yeux pour mieux apprécier le moment présent ? Que vous ayez un parc ou 5m² de pelouse, invitez-vous, votre entourage, vos amis, vos patients, vos enfants à s’asseoir, s’allonger et à fermer les yeux pour ressentir la chaleur du soleil printanier, à s’exprimer sur tout ce qu’ils entendent de là où ils sont (des oiseaux, des voitures, des tondeuses…), ce qu’ils sentent (l’herbe coupée, les fleurs de mimosa…) enfin pour s’exprimer sur comment ils se sentent au bout de 10, 15 minutes ou plus.

C’est la saison où les bourgeons pointent le bout de leur nez, où les oiseaux chantonnent, où les arbres se rhabillent de leur plus beaux costumes verts ; tout le monde s’éveille, pourquoi pas vous ?

Voici un atelier d’Hortithérapie à réaliser pour vous, pour une personne, un groupe de personne qui est adaptée à tous ! (personnes âgées, personnes en situation de handicap, enfants…).

Vous avez besoin de :

– Jardinières et/ou godets
– Terre
– Terreau
– Petites pelles
– Arrosoirs avec pomme
– Semences de votre choix (tomates, cornichons, poivrons, soucis, immortelles, marguerites…)

Proposer cette animation « semis » à une ou plusieurs personnes.

Si vous êtes l’animateur, gardez l’esthétisme de côté, laissez-les faire le plus possible, l’autonomie reste importante dans ce type d’activité et conforte leur confiance en eux !

Vous pouvez répartir les tâches selon les capacités des résidents où vous serez sûr que ceux-ci seront en capacité de les faire, le but étant de les valoriser par cette première activité de début de saison.

– On peut par exemple mélanger la terre et le terreau qui nourriront vos semences et les aideront à
   grandir et s’épanouir.
– Proposez à la personne de le faire avec les mains pour ressentir le bienfait que procure la terre au
    contact de la peau. Idem, pour remplir vos jardinières ou vos godets.
Sinon, utilisez des petites pelles légères pour le mélange et le remplissage.

Pour le semis, les personnes peuvent réaliser un trou avec leur doigt dans le godet ou une ligne si vous semez en jardinière.

Répartissez les semences dans votre contenant.

Recouvrez légèrement de terreau puis arroser vos semences avec un petit arrosoir léger avec pomme pour que les graines s’imprègnent bien dans la terre.

Astuce : Si vous n’avez que des grands arrosoirs, remplissez les peu pour qu’il reste léger et facile à utiliser.

Invitez les personnes qui ont réalisé l’atelier à surveiller leurs semences tous les jours et à les arroser quand la terre est sèche. N’oubliez pas de les transplanter dans votre jardin ou dans un plus grand pot, bac pour que ceux-ci se développent le mieux possible et que vous puissiez profiter de leurs fleurs comme de leurs fruits dans les prochain mois qui suivront !

Si cet article vous a inspiré, aidé… alors nous attendons avec impatience vos plus beaux clichés de cette activité que vous avez pu réaliser avec vos résidents, vos parents, vos enfants ou vous -même !

Romane GLOTAIN