







Le jardin de la Maison d'Ulysse à Bullion (78), 1er prix dans la catégorie jardin potager thérapeutique.
Le 3 février dernier, un jury d’experts, composé de représentants de l’association Jardinot, de la Société nationale d’horticulture de France (SNHF), de la SEMAE, (Interprofession des semences et plants) ainsi que de la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs (FNJFC), a remis les prix du Concours national des Jardins Potagers 2025 à la mairie du 7ème arrondissement de Paris. Ce concours récompense des jardins potagers remarquables tant pour leur diversité végétale que pour les bonnes pratiques de jardinage, l’esthétique du jardin ou même l’engagement passionné des jardiniers pour la culture d’un potager.
À côté des thématiques existantes (jardin potager privatif, jardin potager dans un ensemble collectif de jardins, jardin potager privatif situé dans un environnement paysager, jardin potager à vocation pédagogique, jardins partagés), l'édition 2025 a vu la création d'une nouvelle catégorie : jardin potager thérapeutique.
Trois membres de la Fédé ont concouru… et gagné !
- 2ème prix : Thierry Arnould pour "Le jardin du rouge-gorge" (Issy-les Moulineaux, 92)
- 1er prix : Dorothée Machils pour le foyer d’accueil médicalisé "La maison d’Ulysse" (Bullion, 78)
- Grand prix : Blandine Jankowski pour "Le Jardin des Mélisses" – CHU de Saint-Etienne – Pôle psychiatrique (Saint-Priest-en-Jarez, 42)
Pour plus d'informations sur le palmarès 2025 : https://www.snhf.org/cnjp25-palmares-des-laureats-du-concours-national-des-jardins-potagers/
Pour candidater en 2026 : https://www.snhf.org/concours-national-des-jardins-potagers/
Encadré - La Maison d'Ulysse, du potager au jardin thérapeutique - Entretien avec Dorothée Machils
À La Maison d’Ulysse, Foyer d’accueil médicalisé (FAM) accueillant en résidence permanente 28 adultes autistes ou ayant des troubles du spectre autistique, Dorothée est en charge du potager depuis sa création en 2021. Sur 1 500m2, cet espace cultivé en permaculture comprend des parcelles de différentes tailles et une serre de 36 m². Les cultures vont des aromatiques aux blettes, choux, concombres, etc., en passant par les pommes de terre, tomates ou fraisiers. La production est distribuée aux résidents pour leur propre cuisine, aux éducateurs, aux personnels du centre ou encore aux parents.
"Je suis arrivée au jardin de soin un peu par hasard… Au départ, je fais plutôt de la formation à la permaculture. Après le Covid, l'équipe de La Maison d'Ulysse m'a demandé d'implanter un jardin potager, avec pour objectif initial de fournir les cuisines du FAM. Très rapidement, je me suis rendu compte que les résidents n’étaient pas en capacité d’entretenir ce potager et qu'il fallait donc former les encadrants au jardinage. Peu à peu, j'ai perçu les vertus du jardinage pour les résidents et ai accompagné les animateurs dans cette démarche d'utilisation thérapeutique du potager. J'ai suivi des stages à Chaumont-sur-Loire, préparé des fiches pour faire reconnaître cette pratique au sein de l’établissement… et, d'un projet initial de production, ce potager est devenu un outil thérapeutique. L'objectif du jardin est de développer la psychomotricité des résidents et stimuler leurs fonctions cognitives pour faciliter leur quotidien. La permaculture joue ainsi un rôle fondamental dans le processus d’inclusion.
Le potager a évolué au fil des saisons pour répondre au plus près des besoins et contraintes des jardiniers en herbe. Il est le support de projets collectifs que nous mettons en œuvre. Aujourd’hui, j'anime régulièrement des ateliers. J'accompagne personnellement certains patients pour les former à la culture maraîchère. En tant que jardinière, j'ai une approche complémentaire de celle des encadrants et des soignants : j'ai un regard extérieur, perçois d'autres choses, et trouve parfois, grâce au jardinage, des clefs spécifiques d'accès aux patients. J’ai à cœur de chercher, expérimenter de nouveaux contenus d’ateliers afin d’apporter un accompagnement le plus personnalisé possible, sachant que parfois le mieux pour certains résidents, c’est d’être là au jardin assis en silence avec eux et de les laisser profiter de la nature…